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22 février 2016

Pourquoi P.Liebus, au nom de l’UPA, a claqué la porte des négociations sur le chômage ?

Ce lundi 22 février 2016, Patrick Liebus, le vice-président et négociateur de l’Union Professionnelle Artisanale (UPA) dont la CAPEB est membre fondateur, a claqué la porte des négociations pour dénoncer les petits arrangements entre le MEDEF, la CGPME et le gouvernement au détriment des petites entreprises et de l’emploi. Explications.
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Le contexte :

Les partenaires sociaux se retrouvaient ce lundi après-midi au siège du Medef pour négocier une nouvelle convention d’assurance chômage qui fixe les droits des demandeurs d’emploi à une indemnisation, car l’actuelle convention arrive à échéance le 30 juin prochain. Or, si rien ne change, la dette cumulée dépasserait les 29 milliards en 2016…

Partenaires sociaux : quesako ?

Les partenaires sociaux sont le regroupement des principaux syndicats de salariés et des principales organisations patronales. En France, les « partenaires sociaux » sont les interlocuteurs du gouvernement sur les questions économiques et d’emploi. Ils sont aussi responsables de la gestion de certains organismes paritaires, comme l’Unedic ou l’assurance retraite.

Côté patronat, 3 organisations sont aujourd’hui reconnues comme « partenaire social » sur des tailles d’entreprises différentes :

  • Le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France)
  • La CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises)
  • L’UPA (Union Professionnelle Artisanale) dont la CAPEB est membre fondateur.

Pourquoi avoir claqué la porte alors ?

Au bout de 10 minutes, les représentants de l’UPA ont quitté la salle pour protester contre la réforme de la représentativité patronale.

Patrick Liebus explique :

L’artisanat représente 98% des entreprises et méritait autre chose que ce qui a été proposé. Le gouvernement fait des petites affaires avec le Medef et la CGPME. C’est insupportable. Il est impossible pour l’UPA d’être autour de la table avec le Medef et la CGPME, qui nous considèrent comme moins que rien au niveau patronal. Pour nous il n’y a qu’une solution, c’est quitter la salle.
« Nous regrettons et condamnons les petits arrangements entre amis, entre le Gouvernement et deux organisations patronales qui ont eu lieu dans le cadre de l’élaboration du projet de loi de Madame El KHOMRY préjudiciables aux intérêts des petites et moyennes entreprises qui représentent 98% des entreprises françaises. »
“Il y a une question de respect. Le patronat ce n’est pas une organisation, c’est trois organisations. Et c’est quand même les petits qui, dans un futur proche, pourront créer des emplois dans ce pays.”

Que vient faire la représentativité patronale dans tout ça ?

Suite à une décision du Conseil constitutionnel, qui avait donné un avis favorable à une représentativité mesurée par le seul nombre d’entreprises, le Medef et la CGPME ont conclu un accord, non rendu public, adressé à la ministre du travail, Myriam El Khomri, proposant que la représentativité soit mesurée à 80% en fonction du nombre de salariés et à 20% selon le nombre d’entreprises adhérentes. L’Union professionnelle artisanale (UPA), qui représente les très petites entreprises (TPE) de moins de 11 salariés, dénonce un « tripatouillage ».

Car de cette mesure dépend le “poids” de l’organisation, c’est-à-dire sa capacité à signer des accords, le nombre de sièges acquis dans les organisations paritaires comme l’Unedic (assurance-chômage) ou l’Agirc-Arcco (retraite complémentaire), ainsi que les crédits visant à financer la gestion des organismes paritaires.

Par cet accord conclu en catimini, le Medef et la CGPME ne proposent pas moins que de modifier les règles de détermination de la représentativité des organisations patronales, afin de sauver les postes et les ressources financières attribués à ces deux organisations, en particulier dans le cadre de l’Association de gestion du fonds paritaire national -AGFPN-.

Cette comptabilisation réduirait considérablement le poids des 1,3 million d’entreprises de proximité, au profit d’une poignée d’entreprises et permettrait de maintenir la position dominante du Medef. Conscients du tour de passe-passe que représente cette proposition, le Medef et la CGPME refusent de rendre le texte public.

On notera au passage que la CGPME a définitivement choisi de privilégier les intérêts des grandes entreprises, notamment du bâtiment et de la grande distribution, au détriment de 98% des entreprises françaises qui emploient moins de 50 salariés, dont les priorités ne sont pas celles du CAC 40.

En résumé :

Les dirigeants des TPE-PME, les artisans et commerçants de proximité, ont une nouvelle fois la preuve que seule l’UPA défend leurs intérêts avec sincérité. Il ne s’agit pas ici de lutter pour « une place au soleil » mais pour « un droit de parole » et un « droit au respect » de la 1ère entreprise de France, celle qui créée des emplois non-délocalisables si l’activité le permet et pas uniquement s’il y a des aides !